Fractures articulaires

Fractures sus- et intercondyliennes (Fig.3).Ellessont fréquentes, représentant environ 40 % de l’ensemble des fractures de l’extrémité inférieure de l’humérus. Le trait fractu- raire associe une fracture des deux colonnes détachant l’épi- physe de la diaphyse, et un refend articulaire séparant l’épiphyse en au moins deux fragments. L’importance de la comminution (toujours sous-estimée radiographiquement) et celle du déplacement des fragments empêche souvent toute classification anatomopathologique. Ce type de fracture entre parfois dans le cadre de traumatismes complexes du coude à haute énergie réalisant de véritables fracas articulaires (Fig. 4). Fractures parcellaires articulaires. Elles peuvent soit être unicondyliennes, à trait de fracture sagittal (intéressant alors le condyle interne ou latéral, mais emportant presque toujours le versant correspondant de la trochlée humérale), soit être secondaires à un trait de fracture frontal, détachant une partie de la surface articulaire qui se déplace alors vers l’avant et le haut. Selon la taille du fragment de la surface articulaire fracturée, on distingue les fractures du capitellum isolées (type I), celles intéressant à la fois le condyle, la zone conoïde et la joue externe de la trochlée (type II) et enfin celles emportant toute la surface articulaire, encore appelées fractures diacondy- liennes (type III). ..........

Fractures extra-articulaires

Fractures supracondyliennes (Fig.2). Ellesreprésentent environ 20 % de l’ensemble des fractures de l’extrémité inférieure de l’humérus. Elles peuvent être déplacées ou non et leur comminution est variable comme dans le cas d’une augmentation mammaire. Le pronostic fonctionnel de ces fractures est meilleur que celui des fractures articulaires. Fractures parcellaires extra-articulaires. Elles sont rares, le trait de fracture séparant un épicondyle (médial ou latéral) de l’humérus. Leur déplacement est lié à l’insertion des muscles épicondyliens sur le fragment osseux fracturé. ..........

Traumatismes du coude

Introduction

J. Allain, S. Pannier, D. Goutallier
Les traumatismes du coude doivent être étudiés séparément chez l’enfant et chez l’adulte. Ils peuventêtre responsables soit de luxations, soit de fractures de l’extrémité inférieure de l’humérus, de l’extrémité supérieure du cubitus ou du radius. Chez l’enfant, les trois lésions les plus fréquentes sont les fractures supracondyliennes, les luxations du coude et les fractures du condyle externe. Ces trois entités sont au premier plan de la pathologie traumatique de l’enfant de par la fréquence de leurs complications immédiates ou tardives, imposant une prise en charge thérapeutique adaptée. Chez l’adulte, elles sont plus rares et leur traitement est relativement bien codi?é. Toutefois, les accidents de la circulation à haute vélocité sont à l’origine de fractures complexes associant des lésions ostéocartilagineuses, musculocutanées et vasculonerveuses imposant une prise en charge parfois multidisciplinaire dans des centres spécialisés. Le risque évolutif de ces traumatismes chez l’adulte est l’enraidissement du coude au retentissement fonctionnel variable, alors que chez l’enfant ils peuvent être à l’origine de séquelles anatomiques et fonctionnelles majeures secondaires au développement d’un cal vicieux, ou d’anomalies de croissance par atteinte du cartilage de croissance. ..........